Publié par : Hyacinthe | 7 juillet 2011

Bienvenue à bord !

Train Tracks

Image by MarkKelley via Flickr

Salut et bienvenue !

Je m’apprête à partir au mois d’août sur les rails d’Europe centrale, grâce à un Pass Interrail. Je prévois de voyager en Allemagne, République Tchèque, Autriche, Slovaquie, Croatie et Slovénie, entre autres… Retrouvez-ici un compte-rendu de mon périple.

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Publié par : Hyacinthe | 30 septembre 2011

Bled, terre d’aviron (mais pas que)

Après la Croatie, il ne me restait plus qu’à rejoindre une destination que j’attendais beaucoup : la Slovénie, et son parc national du Triglav. J’avais en effet eu pas mal d’info sur le pays au printemps, lorsque j’étais allé au salon des nouvelles randonnées à la porte de Versailles. En préparant, mon itinéraire, j’avais noté qu’il serait sans doute un peu compliqué de faire une véritable boucle, et du coup, malgré que le train en provenance de Zagreb dessert Ljubljana, j’ai continué directement jusqu’à rejoindre Bled, au cœur du parc.

Carte du trajet de Zagreb à Bled

En fait après coup, je me suis rendu compte que je m’étais sans doute mélangé les pinceaux entre les deux gares qui desservent Bled (Bled Jezero, à 2 km à l’ouest, pas très bien desservie ; et Lesce Bled, à 4 km à l’est, peu accessible mais bien mieux desservie par la ligne Ljubljana–Villach, en Autriche). Qu’importent les aléas des trains, mon planning était fait et j’avais déjà réservé mon hébergement à Ljubljana quand j’ai réalisé que j’aurais pu suivre un tracé bien plus sympa.

La gare de Bled Jezero

Nous voici donc le 30 août, je commence à compter les jours jusqu’à la fin de mon InterRail, et j’arrive dans la gare de Bled Jezero qui, comme son nom l’indique est au bord du lac de Bled (Blejsko Jezero). Après une belle descente jusqu’à la rive (je pense déjà à quand je vais devoir la remonter, dans deux jours…), je tombe nez à nez avec le centre d’aviron de Bled, particulièrement actif puisque c’est à Bled que se tiennent (pour la quatrième fois, un record) les championnats du monde d’aviron.

L'aire d'arrivée des Championnats du Monde d'Aviron

© Detlev Seyb/MyRowingPhoto.com

Du coup, je commence à baliser car, si j’ai pensé à faire une réservation dans la capitale, je me suis dit que la petite ville de Bled serait plutôt tranquille en cette fin de mois d’août. Heureusement, si les grands hôtels affichent certainement un taux de remplissage supérieur à la normale, du côté des hostel, rien d’exceptionnel et j’ai donc un lit sans chercher longtemps.

Dès mon arrivé, je me renseigne sur les agences d’activités outdoor, puisque c’est l’une des raisons qui m’ont poussé à venir ici. Le parc national est en effet idéal pour faire du rafting, du canyoning mais aussi du VTT ou de la rando. J’ai laissé de côté la rando, puisque les départ de sentiers les plus intéressants ne sont pas vraiment accessible en train (et la montée au sommet du Triglav, point culminant de Slovénie à 2864 m, se fait en 2 jours), et mon choix s’est porté sur une activité assez accessible : le canyoning ! J’ai donc réservé une sortie pour le lendemain après-midi, ce qui me laissait le temps de découvrir la ville le matin.

Overview of Lake Bled, island, castle and town...

Image via Wikipedia

Le centre de Bled n’est pas très grand, on en a vite fait le tour, mais son principal attrait est son lac. Dans sa plus grande longueur il atteint 2,7 km, ce qui fait le bonheur des avironneurs. Au milieu se trouve une petite île avec une église, accessible uniquement par bateau. Impossible d’y aller pendant mon séjour puisque la navigation sur le lac était réservée aux compétiteurs pendant toute la durée des championnats.

Bled

Au-dessus de la ville, accroché à la falaise, le château de Bled constitue un point de vue privilégié. Ajoutez à ça les montagnes du parc national en fond, vous avez devant vous une véritable carte postale si vous allez au bord du lac, ce que j’ai bien évidemment été admirer dès le soir-même.

Entrainement

Les français à l'entrainement

Le lendemain matin, je voulais monter au château, mais je me suis finalement arrêté au lac  pour regarder quelques régates. Je n’avais jamais vu de course d’aviron en vrai, il faut avouer que la puissance dégagée par 8 rameurs est impressionnante. Du coup, j’ai passé ma matinée à suivre les courses, et voir les rameurs français échouer lamentablement (à quelques exceptions près, voir vidéo ci-dessous) dans leurs qualifications.

Heureusement, pour me remonter le moral, l’après-midi s’annonçait géniale. L’agence de canyonning m’a emmené, avec quelques autres téméraires, à quelques kilomètres de Bled. Avant de sauter dans la rivière, il faut s’équiper : combi en néoprène d’un demi-centimètre d’épaisseur, harnais, casque, on oublie qu’on a l’air ridicule et on est prêt à sauter. Sauf qu’avant de descendre un canyon, il faut grimper la montagne. La montée à pieds a beau ne durer qu’une vingtaine de minutes, avec la combi synthétique et tout l’équipement, ça relève vite du parcours du combattant ! Idéal pour éliminer les calories du repas (toujours aussi riche) de midi. 🙂

Une fois au départ du canyon, les choses sérieuses commencent. On fait quelques mètres les pieds dans l’eau fraîche histoire de se remettre les idées en place et là le premier saut nous attend. Devant nos yeux, une chute de quelques mètres. L’accompagnateur nous dit qu’il suffit de sauter. Plus simple à dire qu’à faire. En effet, ça a quand même vachement haut et pas profond. Après quelques secondes d’hésitation, je me lance et sploshhh ! À peine ais-je touché l’eau que toute mes craintes disparaissent. Reste le plaisir… 🙂

Canyoning with Fun Rafting

© funrafting.com

S’ensuit toute une série de toboggans rocheux, glissades, tyroliennes, et descentes en rappel à travers le canyon pour au final une bonne heure de descente. Le bonheur à l’état pur, ce sport est tellement libérateur, tu regrettes vite de ne pas rester plus longtemps dans la région pour te refaire une descente plus compliquée le lendemain !

Sauf qu’en ce qui me concerne, le lendemain, il fallait repartir. Le planning serré pour être à temps en France est toujours là, tel une épée de Damoclès, et je n’ai plus la possibilité de m’accorder le moindre changement de programme. Je prends donc la direction de Ljubljana, pour une visite express (une nuit seulement sur place). Et puisque, je manque de temps, je vais en profiter pour regrouper la fin de mon séjour, à savoir Lubljana et Venise, dans un seul article qui sera en ligne très vite !

Publié par : Hyacinthe | 22 septembre 2011

Une traversée croate (Partie 2)

Historiquement, la ville de Zagreb a longtemps été séparée en deux : ville haute et basse. Aujourd’hui, si l’urbanisation a quelque peu effacé les limites d’autrefois, on retrouve des différences dans les deux quartiers.

Crkva sv. Marka u Zagrebu

Gradec, la ville haute

Crkva sv. Marka u Zagrebu

L'église Saint-Marc de Zagreb

Le plus joli de deux est incontestablement la ville haute, avec les quartiers de Gradec (la vieille ville) et Kaptol (quartier de la cathédrale). C’est un ensemble homogène de bâtiments aux toitures de tuiles rouges, séparés par des rues étroites et tortueuses. Les bâtiments cachent des arrières cours dans lesquelles il fait bon s’aventurer. C’est un quartier plutôt calme, ici se trouvent la majorité des organes politiques et administratifs de la Croatie (ambassades, ministères, …)

Gradec

En redescendant, je suis passé par la cathédrale. J’ai d’ailleurs pris conscience que depuis le début de mon périple j’ai visité un nombre considérable de lieux de cultes, toutes confessions confondues. Serais-je à la recherche de la Foi ? 😉

Zagrebačka katedrala

Personnellement, je crois plutôt que j’apprécie surtout la fraîcheur de ces lieux, en plus de la beauté qu’ils peuvent abriter. Mais chacun pensera ce qu’il veut… 🙂

Trg Bana Jelačića

Statue de Ban-Jelačić, sur la place centrale de la ville

Une fois la cathédrale visitée, je suis allé sur Trg Bana Jelačića, la grande place centrale de Zagreb. J’ai parcouru la ville basse en suivant le parcours en U que forme plusieurs parcs et squares, permettant de passer devant tous les monuments importants. Bon, là, pas de doute (s’il en subsistait encore un) : Zagreb est 1000 fois plus belle que les villes de la côte. Il n’y a qu’à jeter un oeil à ces photos pour s’en rendre compte :

Šetalište Josipa Jurja Strossmayera

La promenade Josip Juraj Strossmayer, dans la ville haute

Hrvatsko narodno kazalište u Zagrebu

L'opéra de Zagreb

ZagrebTrg Nikole Šubića Zrinskog

Publié par : Hyacinthe | 22 septembre 2011

Une traversée croate (partie 1)

De Mostar, pour aller en Croatie, on a deux solutions. Soit on repart en direction de Sarajevo et on atteint Zagreb via Banja Luka, soit on pousse jusqu’au bout de la ligne Sarajevo–Mostar–Ploče, une ville croate située sur la côte adriatique, entre Split et Dubrovnik. Le « problème », c’est qu’une fois à Ploče, on est obligé de prendre un bus, puisque les lignes de train croates sont peu nombreuses et que c’est un terminus. Néanmoins, vous aurez remarqué que jusqu’ici, j’ai pris soin de ne presque jamais repasser deux fois au même endroit. J’ai donc bien évidemment choisi la deuxième possibilité.

Carte des principales lignes de chemin de fer en Bosnie-Herzégovine

Nous voici donc à Mostar, en ce 27 août 2011, jour de la Sainte Monique. Pour repartir, je dois à nouveau prendre le train qui m’a amené. Rappelez-vous, c’est le train qui part avec une heure de retard et qui roule à 10 à l’heure ! Sachez donc qu’officiellement, le train est annoncé à Mostar à 9h29. Bon, dans les faits, on sait comment ça se passe. D’ailleurs, la veille de mon départ, la dame qui m’hébergeait m’a dit : « Oh, le train ? Pas avant 10h. »

Bon, malgré tout, la peur de rater un train qui ne m’aura jamais vraiment quittée pendant ce voyage est toujours là, et j’arrive à la gare sur les coups de 9h45. Pas vraiment en avance, d’ailleurs, il y a déjà un couple de Suisses originaires de Montreux qui attendent. Comme moi, ils n’ont pas pu se résoudre à arriver en retard à la gare, et sont donc arrivés tout naturellement à 9h20. Les pauvres. Car ici commence l’attente. LA VRAIE.

Après une grosse demi-heure, on sait que c’est « normal », le train est toujours en retard comme ça. On prie néanmoins pour que ça ne fasse pas comme la veille. Leur aubergiste les a en effet informés que le matin précédant, le train n’était arrivé à Mostar qu’à 12h45 !

Gare de Mostar

On s’occupe comme on peut, on va acheter des cafés au bar voisin, on essaie d’imaginer les conversations entre les ouvriers des chemins de fer bosniaques qui réparent une vieille loco sur le quai. Le Suisse a même la bonne idée d’acheter un journal local… en bosniaque. On passe quelques dizaines de minutes à essayer de déchiffrer la Une et puis on abandonne, se rabattant sur la météo et le Sudoku. 🙂

Mostar

Image by M.Orellana via Flickr

Et puis, vient un premier moment dur. L’horloge indique 11h30. Je réalise alors que, dans un monde idéal, le train entrerait dans la gare de Ploče. Je ferme les yeux et pendant quelques secondes je m’imagine au bord de la mer, sur les galets, les pieds dans l’eau turquoise… avant de brusquement revenir à la gare moche de Mostar :-(. Mais une lueur d’espoir commence à poindre : onze heures et demies sont marquées par l’arrivée d’une grosse dizaine de voyageurs supplémentaires sur le quai ; des habitués, évidemment. Qui d’autre aurait l’idée de venir prendre un train deux heures après le départ prévu…

Sur ce, on se décide à aller demander au chef de gare une estimation de l’heure d’arrivée, même si on nous avais prévenu qu’ils n’avaient aucune information sur la position du train. Le chef nous annonce dix minutes supplémentaires d’attente. Ces dix minutes seront en réalité trente.

À midi moins cinq, on y croit : au loin, un bruit de loco. Persuadé qu’il s’agit d’une illusion, je m’approche des rails et regarde la voie. Quelques secondes plus tard, le doute est levé, on aperçoit enfin le train, qui rentre tranquillement dans la gare.

Hrvatska

Image by Blue Moon 505 via Flickr

Et c’est parti pour deux petites heures le long de la rivière. À la frontière croate, heureusement, les douaniers semblent moins zélés que lors de mon arrivée depuis la Hongrie. Quelques minutes pour tamponner les passeports, et nous voilà en Croatie, puis à Ploče, le terminus du train.

Ici, j’avais prévu de poser mon sac à la consigne de la gare, et d’aller chercher une petite plage pour me baigner le midi. Mais voyant l’heure avancée, je décide de prendre le premier bus pour Split, à 2h30 de route au Nord, tandis que mes compagnons de galère helvètes prennent la direction opposée, vers Dubrovnik.

Split Station, Split, Croatia

Le quai de la petite gare de Split (via Wikipedia)

J’arrive donc à Split vers 17h, et là c’est le choc. S’il y a bien un truc qui cartonne en Croatie, c’est l’hébergement. L’été, à peu près 75 % de la population (estimation personnelle) se reconvertit en loueur d’appartement. Parfois, les gens vont jusqu’à louer leur propre appart’ en ville et vont habiter à la campagne pendant 5 mois, c’est dire à quel point c’est intéressant. Du coup, la route côtière de Split à Dubrovnik ressemble à une agence de location à ciel ouvert. Tous les vingt mètres environs, on peut voir un bonhomme assis sous un parasol avec devant lui un panneau « Sobe / Rooms / Zimmer / Camere ». Parfois, on a même le droit à « Chambre » en français, les touristes de l’hexagone étant de plus en plus nombreux à venir ici, les gens s’adaptent. Arrivé à Split, le manège reprend de plus belle, cette fois, ce sont de piétons qui vous abordent. En sortant du pôle multimodal que constituent les gares ferroviaires, routières et maritimes, il est tout bonnement IMPOSSIBLE de faire plus de trois pas sans être assailli par un « Accomodation, maybe ? ». Du coup, je me dépêche de quitter le quartier, et vais prendre possession de mon auberge. En toute logique, l’« hostel » qui m’héberge est en réalité un regroupement de plusieurs loueurs de chambres. Je me retrouve donc dans un grand appart’, dont le propriétaire réserve à l’année deux pièces pour en faire des dortoirs. Rien d’exceptionnel dans la chambre, pas de cuisine, pas d’internet, pas de salle commune et la salle de bain sur le palier. Le strict minimum, donc, ce qui n’empêche pas l’aubergiste de facturer près de 25€ la nuitée, en espèces, évidemment. Pour le même prix, en Slovaquie, j’avais deux nuits dans une « vraie » auberge. Mais bref, c’est le prix à payer pour pouvoir apprécier la ville de Split, non ?

Tiens, justement parlons de la ville. On pourrait croire, naïvement que si les tarifs sont si élevés c’est à cause du vieux centre et des ruines du palais de Dioclétien, classées au patrimoine mondiale de l’UNESCO. Ou encore, à cause du superbe et gigantesque parc de la colline Marjan à l’ouest de la ville qui vient se jeter dans la mer. Mais non, rien de tout ça. L’attrait n°1 à Split, c’est LA plage. J’utilise volontairement le singulier, car même si sur le littoral, il y a presque autant de plages que de loueurs d’appartements, les milliers de touristes qui passent leurs vacances à Split semblent tous aller à la même plage, celle du centre. Quand j’ai demandé à mon hôte où se trouvait une plage sympa, il m’a direct montrée celle-ci sur la carte : « This is the best ! All you need is there, pub , clubs, restaurants, it’s perfect ! ». Là, je sens le coup foireux et je risque un « and, there’s not too much people ? » auquel il répond : « oh yes, thousands of people ! ».

Beach Bačvice in Split, Croatia

La plage de Bačvice (Image via Wikipedia)

Dès lors, je réalise qu’on a pas vraiment la même idée d’une « plage sympa », et je le remercie en me disant que je trouverais ma plage tout seul. Et comme il est bientôt 18h, j’attrape ma serviette et prend la direction du parc. Je me dis que si je marche un peu, je vais trouver un coin sympa. Finalement, comme je sais pas trop où je vais-je marche une heure avant de trouver un endroit qui est en fait à 30 minutes de l’hostel. Certes, c’est accessible par la route et il y a une plage surveillée, mais juste à côté, derrière les rochers on trouve une petite anse avec seulement quelques dizaines de personnes. C’est sublime. L’eau est transparente, on peut même plonger depuis les rochers. Et une fois dans l’eau, c’est le bonheur. OK, ça manque un peu de vagues pour être aussi agréable que l’océan, mais quand on a pas le choix, la mer est bienvenue. 🙂

Jadranska More

La plage sympa, loin du centre de Split

Du coup, je patauge pendant presque une heure, et je rentre à l’hostel à la nuit tombée.

Diocletian's Palace viewed from the south

Le palais de Dioclétien (image via Wikipedia)

Le lendemain, avant d’aller prendre mon train pour Zagreb, je décide de donner une chance à la ville malgré ma mauvaise impression de la veille. Je vais donc dans le palais de Dioclétien. Je connais pas ce type, mais s’il vivait encore à ce siècle, Dioclétien serait un marchand de gadgets à touristes. Car aujourd’hui, même si son palais est classé, il sert principalement d’abri à d’innombrables échoppes d’attrape-touriste, de restaurants et de bars hors de prix et de quelques galeries d’art.

C’est moche, ça défigure complètement le palais et ça m’a tellement énervé qu’au final, j’y ai passé qu’une grosse demi-heure avant de retourner chercher mon sac à l’auberge et filer à la gare.

Un train InterCity croate

Les InterCity croates sont modernes

Pour aller à Zagreb, la solution la plus rapide en train est de prendre un InterCity. Contrairement à la plupart des pays participant à InterRail, la Croatie exige que tous les passagers de ses trains « express » aient une réservation. Du coup, pour la première fois depuis que j’ai passé la frontière franco-allemande au début du mois, je dois payer pour prendre le train. Passage obligé en caisse, donc, mais pas de quoi s’offusquer, puisque les frais de réservation s’élèvent à 7 kuna (soit un peu moins d’1€). L’avantage, c’est que les InterCity croates, contrairement à leur réseau ferré, sont modernes. Ils ressemblent un peu aux ICE allemands, que ce soit de l’extérieur comme en ce qui concerne le confort à l’intérieur des rames. Bon, pour ce qui est de la vitesse de croisière, on est loin de l’Allemagne. Comme je disais, le réseau ferré croate n’est pas très développé ni en bon état, et donc, les trains y roulent lentement. Par contre, niveau service, on veut bien faire. Même en 2e classe, on propose aux passagers une collation, à savoir un café au lait soluble dégueulasse. L’intention est louable, mais j’ai du mal à y voir une justification de l’euro dépensé pour accéder au train.

Carte du trajet de Split à Zagreb

Finalement, quelques heures plus tard, me voici à Zagreb.

À suivre…

Publié par : Hyacinthe | 22 septembre 2011

« À Mostar, j’ai marché sur une étoile »

On connaît tous l’histoire de Mostar, celle de son vieux pont chantée par les Ogres de Barback, mais à Mostar, ce que j’allais chercher, c’est d’abord une chambre où dormir. Une des recommandations du Petit Fûté avait particulièrement retenu mon attention…

Extrait d'une page du guide Petit Fûté BosnieAutant vous dire que je comptais fort sur ces deux soirées à Mostar pour en apprendre plus sur l’histoire de ville. Sauf qu’en arrivant chez Omer, j’apprends que lui et sa femme prévoyaient de partir à la mer pour quelques jours. Ça tombe vraiment mal, mais pour combler ma déception, ils me recommandent d’aller un peu plus loin dans la rue, où une voisine loue aussi des chambres. L’hébergement est correct, mais pour la conversation, il faudra repasser… La brave dame ne parle que très peu anglais, qu’elle mélange souvent avec des mots d’allemands, ce qui n’est pas pour me faciliter la compréhension. Néanmoins, on se débrouille.

Mostar Est

Mostar est une ville divisée en deux. Les séquelles laissées par le conflit sont aujourd’hui encore bien là. Et si parfois, les jeunes de Mostar-Est viennent du côté Ouest, c’est très rare. La plupart du temps on ne se mélange pas.

Stari Most

La principale curiosité de la ville est évidemment Stari Most, son vieux pont symbole de toute l’histoire de la ville. Du coup, j’ai évidemment profiter d’être sur place pour aller visiter un petit musée dédié à son histoire, située dans l’une de ses tours.

Kula Tara

La salle la plus haute de la tour. Attention, plafond bas.

À Mostar, il est fait mention depuis presque toujours d’un pont sur la Neretva. Au début, un simple pont de bois faisais de la ville l’endroit indispensable pour passer sur l’autre rive et ce, dans toute la vallée. Très vite, la ville devient un point clé pour les échanges marchands. Entre 1557 et 1566, sous l’influence ottomane, le fameux pont de pierre que l’on connait est construit, avec une technique révolutionnaire pour l’époque. Le pont n’est fait que d’une seule arche, malgré ses mètres de haut, et les blocs de pierre ne sont maintenus entre eux que grâce à des longs clous de métal. La suite, on la connaît, l’artillerie croate le détruira en 1993, car symbole d’une domination passée, et sa reconstruction, à l’identique, ne sera achevée qu’en 2004. Depuis, le quartier de la vieille ville et du pont est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Mostar Est

Dans la rue qui mène au pont...

Autour du pont, le quartier est éminemment touristique. Restaurants, boutiques de gadgets et de babioles à l’effigie de la ville, et quelques bars. L’un deux, en particulier, s’appelle Ali Baba, et est situé à l’intérieur d’une gigantesque grotte. Du coup, l’été, c’est un des rares endroits de la ville où la température reste convenable. Car dans le reste de la ville, il fait chaud, très chaud, trop chaud, même. Le deuxième jour, le thermomètre a atteint la barre des 40°C au plus chaud de l’après-midi, rendant la sieste quasi indispensable.

Mostar Ouest

Ruines à Mostar Ouest

Mais la ville de Mostar ne se limite pas à sa partie Est, bien qu’elle soit la plus intéressante. En passant à l’ouest, comme je l’ai fait le deuxième jour de ma visite, on constate déjà que des bâtiments sont restés dans le même état depuis la fin de la guerre. Les murs criblés d’impacts de balles sont un dur rappel de l’histoire et de la guerre civile qui a déchiré la ville (entre 1992 et 95, on releva 2000 morts et 26000 personnes s’exilèrent).

Mostar Ouest

Dans un tout autre registre, cette partie de la ville abrite aussi l’une des églises les plus moches de Bosnie (d’Europe ? Du Monde ?). Toute en béton, avec cet immense clocher qui s’élève dans le ciel, ce n’est vraiment pas de bon goût.

Mostar Ouest

Sinon, Mostar-Ouest n’a pas vraiment de centre, les boutiques sont dispersées aux quatre coins de la ville, et j’ai donc, après avoir marché quelques heures dans la ville, j’ai entrepris de rentrer vers l’Est, en tombant par hasard sur une très jolie fresque qui résume bien les dernières années à Mostar.

Mostar 2004

Le 3e jour était celui du départ vers la Croatie, et je devais pour cela prendre le même train qu’à l’aller, jusqu’à Ploče cette fois. Normalement, il passe à Mostar vers 9h30 du matin. Vous vous doutez bien que ça n’a pas été le cas… 😉

Gare de Mostar

La gare quasi-déserte de Mostar

À suivre…

Publié par : Hyacinthe | 11 septembre 2011

Sarajevo

Carte du trajet de Budapest à Sarajevo

Douze heures et six minutes. Un tour d’horloge assis à la même place, dans le même train, l’InterCity Budapest─Sarajevo. Normalement, ce train relie les deux capitales en un peu plus de 11h, ce qui déjà, n’est pas rien. Mais c’était sans compter sur la capacité des douaniers Croates à passer un temps fou à contrôler les passeports, à l’entrée comme à la sortie du territoire croate. J’avoue que lors du premier contrôle, lorsque la douanière m’a pris mon passeport pendant 15 minutes pour faire des vérifications, je ne faisais pas le malin. Et si le train repart ? Et si on me refuse l’entrée sur le territoire ? Pendant quelques minutes, j’imagine les pires scénarios, me voyant déjà au téléphone avec le consulat français pour négocier les conditions de mon retour en France… :-s

Beli Manastir

Le poste de douane de Beli Manastir, à la frontière

Heureusement, rien de tout cela n’est arrivé. Quelques minutes plus tard, la douanière se décidait enfin à me restituer mon passeport, en ayant pris la peine de tamponner une des pages d’un visa. Ouais ! Un tampon de plus sur mon passeport !

Assis à la porte du train InterCity 259 Budapest-Sarajevo

Une place de choix pour profiter du paysage...

Bon, malgré la longueur du trajet et le léger retard à l’arrivée, le voyage s’est effectué plutôt calmement, et j’ai fait la connaissance d’un écossais, Iain, qui lui aussi voyageait avec InterRail. On a bien sympathisé, et en discutant, j’apprends qu’il descend dans le même Hostel que moi, du coup, on en a profité pour partager les frais de Taxi… La soirée s’est terminée dans un bar de la vieille ville, autour de pintes de Sarajevsko Pivo, la bière locale – correcte.

Sarajevsko Pivo, a Sarajevo beer make

Image via Wikipedia

Baščaršija

Baščaršija

Le lendemain, j’ai tâché de mettre à profit ma seule journée dans la capitale bosniaque. Et puisque l’auberge est à quelques pas du vieux centre, autant commencer par-là !
Baščaršija, la vieille ville ottomane, est sublime, c’est un dédale de petites rues pavées, ponctuées de nombreuses mosquées. On trouve plein de Ćevabdžinica et de Buregdžinica, des petits restaurants qui vendent respectivement les Ćevapi et les Burek, des spécialités bosniaques. Certaines ruelles font aussi la part belle à l’artisanat local, principalement constitué d’échoppes qui vendent des objets en cuivre et bronze sculpté, c’est assez magnifique.

Baščaršija

La place Sebij est aussi un des points d’intérêt de Baščaršija ; on y trouve une fontaine surmontée d’un pigeonnier, la tradition étant de nourrir les pigeons de la ville.

Sebij

Sebij

Bibliothèque nationale de Sarajevo

La Bibliothèque Nationale de Sarajevo vue depuis les hauteurs de la ville

En début d’après-midi, j’ai décidé de monter sur les hauteurs de la ville, histoire d’avoir une vision un peu plus globale. C’était une semi-bonne idée, car si j’ai effectivement pu me promener dans des rues charmantes et voir un beau panorama, j’ai aussi eu très chaud à monter, car la température flirtait avec les 35°C ce jour-là. Heureusement, les nombreuses mosquées de la ville et leurs fontaines sont souvent une occasion de se rafraîchir pendant les chaudes journées d’été.

En redescendant, je me suis donc posé à l’ombre d’une terrasse, et quelques minutes après m’être installé, Iain arrivait par hasard dans la rue. Il m’a raconté qu’il était allé visiter un musée hyper intéressant sur la guerre de Bosnie, et m’a un peu fait regretter de ne rester qu’un jour. Surtout qu’en rentrant à l’auberge, on a appris que le lendemain, une visite des sites marquants de la guerre (notamment le stade olympique, à quelques kilomètres au nord) était organisée, mais déjà complète ! 😦

Comme le lendemain, je devais aller prendre un train tôt et donc me lever vers 6h pour être sûr de ne pas le rater (seulement deux trains par jour pour Mostar), je suis allé de bonne heure au lit. Sauf que, on l’a vu au début, la ponctualité des chemins de fer bosniaques n’est pas vraiment parmi les meilleures d’Europe…

Sarajevo Railway Station, Bosnia

La gare de Sarajevo (photo par Alan Hilditch sur flickr)

Ce matin-là, j’arrive donc avec plus d’une demi-heure d’avance à la gare. C’est génial, le train est déjà en place, je monte dedans et attendant 7h et le départ, je finis par m’endormir. Quelques (dizaines de) minutes plus tard, j’émerge et constate que le train n’est pas encore parti. Qu’à cela ne tienne, un petit retard, je me rendors. Et là, quand je me réveille à nouveau, je suis vraiment en forme, j’ai l’impression d’avoir dormi presque une heure. Je regarde l’heure et… j’ai vraiment dormi presque une heure. Il est alors 7h45, mais le train est toujours en gare de Sarajevo. En demandant aux autres passagers, j’apprends qu’on attend le train de nuit en provenance de Zagreb, normalement en correspondance avec le Sarajevo–Mostar–Ploče. Finalement, vers 7h55, le fameux train de nuit arrive et peut enfin partir.

Sauf que, sur la voie, il y a des travaux, et que la majeure partie du temps le train roule – littéralement – à 10 à l’heure. En contrepartie, cela permet d’admirer le paysage (la ligne Sarajevo–Mostar est d’ailleurs considérée comme l’une des plus belles d’Europe). Accroché aux falaises, le train serpente à travers la vallée de la Neretva, une rivière à la couleur si particulière… Des images inoubliables !

Finalement, avec 2h30 de retard, j’ai enfin atteint Mostar. Pas mal pour un trajet censé durer également 2h30.

Publié par : Hyacinthe | 9 septembre 2011

Budapest sous la canicule hongroise

Carte du trajet de Dedinky à Budapest

Après la sublime Slovaquie, je faisais étape en Hongrie, à Budapest. Les jours précédant mon arrivée avaient été synonymes de grand beau temps. À Budapest s’est ajouté à cela une montée des températures. Du coup, déjà que je n’avais qu’une vraie journée à passer dans la ville (j’arrivais tard le dimanche soir et repartais tôt le mardi matin), ça a un peu réduit mon programme de visites car je n’avais pas envie de passer la journée à traverser la ville dans tous les sens. J’ai finalement décidé de partir à pied, au feeling, et me laisser guider par les monuments qui attiraient mon attention.

Budapest

J’ai commencé par aller au Parlement, sur les rives du Danube (Duna en hongrois) en passant par une jolie place dont les fontaines étaient logiquement prises d’assaut, canicule oblige.

Duna

Les rives du Danube

Parlement

Le parlement

J’ai ensuite passé un pont, pour me retrouver dans le quartier de Budavar qui abrite de nombreux monuments et le palais royal. J’ai pas mal tourné dans ces jolies petites rues, m’arrêtant dans les nombreux petits parcs ombragés pour me rafraîchir.

Budavar Budavar

Je me suis finalement retrouvé au pied d’une autre colline, sur laquelle se trouvent un fort et la statue de la liberté.

Statue de la liberté

Là, j’ai eu la sagesse de ne pas monter, mes pieds commençant à bien chauffer, j’ai entrepris de repartir en direction de l’auberge. Sauf que j’en étais assez éloigné, j’ai donc dû marcher encore deux bonnes heures dans la ville, passant devant le vieux marché et la place, avant de rentrer exténué à l’auberge.

Budapesti Központi Vásárcsarnok

Les halles centrales de Budapest

Ça tombait bien, le lendemain, je devais être prêt tôt et pleine forme, car j’allais emprunter dans son intégralité la ligne InterCity Budapest-Sarajevo, un train qui allait me conduire en Bosnie au prix de 11 (et même 12) heures de trajet à travers la Hongrie et la Croatie. Mais ça, ce sera pour le prochain épisode, car c’est aussi toute une histoire !

Publié par : Hyacinthe | 5 septembre 2011

Le Parc National de Slovenský Raj, le Paradis Slovaque

Le parc national est accessible par plusieurs villes, mais pour des raisons pratiques, j’avais choisi de me rendre dans le village de Dedinky, une gare située sur la ligne Bratislava-Košice, qui traverse le pays d’ouest en est.

Carte du trajet jusqu'à Dedinky

Dedinky, qui constitue la porte d’entrée sud du parc, n’est pas réputée comme en étant la plus jolie ville, on parle bien plus souvent de Čingov quand on nomme Slovenský Raj. Néanmoins, le village est assurément charmant, au bord d’un lac et au pied des montagnes, également au départ de plusieurs randonnées dans le parc.

Dedinky & Palcmanská Maša

Par contre, niveau services sur place, c’est le strict minimum ! Pas de banque, et le seul point pour retirer de l’argent – la guichet de la Poste – ferme à 15h le vendredi, et ce, pour tout le weekend. Moi qui n’avais pas pensé à vérifier le contenu de mon portefeuille avant de partir, j’ai eu la mauvaise surprise de m’apercevoir qu’il ne contenait plus que quelques euros ! Heureusement, la pensión dans laquelle j’avais pris une chambre prenait la carte bancaire, et faisait également (très bon) restaurant à des prix raisonables, j’y ai donc pris l’essentiel de mes repas.

Pensión

Le chalet dans lequel se trouvait ma chambre

Puisqu’on est au registre gastronomique, j’ai notamment pu goûter les spécialités de poissons de la région. Les lacs avoisinants abondent de truites et j’ai donc pu, sans me ruiner, déguster ces merveilles !

Truite

Mais le parc national n’a pas que des attraits gustatifs. C’est aussi le paradis des randonneurs et autres amateurs d’activités outdoor. Le lendemain, je suis donc parti pour la journée en rando, en faisant une belle boucle d’une vingtaine de km autour de Dedinky, passant par des lieux aussi variés que sublimes…

Zejmarská Roklina

Zejmarská Roklina

La randonnée commençait par remonter Zejmarská Roklina, un canyon formé par un torrent plutôt raide, mais totalement équipé depuis quelques années, ce qui rend l’ascension accessible à tous, ou tout du moins aux randonneurs avertis. La montée est enchainement d’échelles et de passages à gué, c’est magnifique et en haut on a une sublime vue sur…

Zejmarská Roklina

Oui, vous ne rêvez pas, c’est un magnifique restaurant d’altitude. Car la sortie du canyon se trouve également être l’arrivée d’un télésiège. En été, le télésiège est fermé, mais le restaurant est lui bien ouvert, diffusant à tue-tête de la musique dégueulasse (comme la plupart des restos en Slovaquie, d’ailleurs). Je m’empresse donc de continuer ma rando pour attaquer la deuxième phase, bien plus facile. On emprunte désormais un chemin forestier qui va descendre pendant plusieurs kilomètres le long de la rivière de Malé Zajfy. La pente est douce, ça repose bien les jambes, et j’en profite pour pique-niquer au bord du torrent, profitant du calme et admirant les forêts de sapins tout autour de moi. Ensuite, on remonte Vel’ké Zaify, un torrent qui nous mène à la source de Občasný Prameň. De là, la pente s’accentue durement pour monter au pic rocheux de Havrania Skala. C’est raide, car le chemin ne prend pas la peine de faire des lacets et attaque directement le flanc de la montagne, mais au sommet, la vue est sublime. On comprend mieux pourquoi le parc est nommé ainsi. Ce n’est qu’étendues de forêts et petits lacs.

Havrania Skala

Je  profite bien du panorama, je fais une petite photo et j’amorce ensuite la descente, le long de la vallée Stratenska Doliná. Le sentier passe à nouveau dans un torrent, avec deux trois passages un peu difficiles et glissants (un parcours qui n’est pas sans rappeler la descente du Gourzy dans les Pyrénées, par la Coume de Balour – heureusement, ici, ça ne dure que quelques dizaines de minutes). En bas de la vallée, il faut malheureusement rejoindre la route pendant quelques kilomètres et traverser le village de Stratená avant de reprendre un petit sentier en sous-bois qui, en une heure de marche environ, me conduira à Dedinky.

Stratená

C’était vraiment une super randonnée ; pour un premier aperçu du Parc National, je ne pouvais pas rêver mieux, les terrains étaient variés, on passait par de beaux panoramas et, cerise sur le gâteau, il faisait grand beau temps. Une bien belle journée qui s’est conclue par un petit plongeon au milieu des truites dans le lac de Dedinky.

Profil altimétrique de la randonnée

Le profil de la randonnée, à voir en détail sur runkeeper.com

Le dimanche, l’heure du départ arrivait, je reprenais le train en direction de Budapest, en Hongrie, mais en faisant étape l’après-midi à Košice, la deuxième plus grosse ville de Slovaquie, tout à l’est du pays. J’ai ainsi pu constater que si Bratislava a plutôt mauvaise réputation en termes de beauté, c’est tout l’inverse à Košice ! La vieille ville est sublime, de superbes bâtiments, et même si je n’ai pas trop visité, à cause de mon gros sac sur le dos, j’ai vraiment aimé passer quelques heures dans cette ville.

Košice

Košice

Publié par : Hyacinthe | 30 août 2011

Le calvaire de Banská Štiavnica

Banská Štiavnica

La gare de Banská Štiavnica

Après être tant bien que mal arrivé à Bratislava, je suis vite reparti, sans vraiment avoir l’occasion de visiter la capitale. En effet, j’avais prévu d’y passer la soirée, les chemins de fer en ont décidé autrement… Tant pis, il paraît que si la ville est assez sympa, elle n’est quand même pas hyper jolie et on peut se passer d’y faire une halte. Je suis donc reparti, comme prévu, mardi 16, en direction du centre de la Slovaquie, plus précisément dans la région de Banská Štiavnica.

Carte du trajet de Bratislava à Banská Štiavnica

Après avoir pris un train plutôt classique jusqu’à Hronská Dubrava, je devais changer pour rejoindre ma destination, empruntant alors la fameuse « anča », une superbe micheline qui dessert toutes les gares jusqu’à Banská Štiavnica, un trajet d’une trentaine de minutes environ. Après être arrivé, il me faudra marcher une cinquantaine de minutes pour l’auberge, car la gare est une nouvelle fois excentrée.

Parlons de l’auberge, justement : j’ai choisi d’aller à Skautsky Dom (la maison des scouts), une des auberges pas chères de la ville. En arrivant, ma surprise est d’être accueilli par… une française ! Gaëlle termine un programme de volontariat et vient de passer 11 mois en Slovaquie, du coup, elle connaît tous les bons coins de la ville, que ce soit pour manger, boire un verre, un thé. Ajoutez à ça qu’elle est tellement sympa qu’elle m’invite à la rejoindre, elle et des amis slovaques, dans un bar le soir même. Une soirée qui sera l’occasion d’apprendre quelques mots en Slovaque (et pas seulement pivo) mais surtout d’avoir pas mal d’explication sur l’histoire de la ville, de la région et de la Slovaquie en général. Une soirée très sympa et très enrichissante !

Banská Štiavnicá

Banská Štiavnica est donc une ancienne ville minière (Banská signifie « mine » en Slovaque, d’où le fait que de nombreuses villes de la région ont ce mot dans leur nom). L’activité minière a débuté au XVIIIe siècle, à l’époque où la Slovaquie était sous domination hongroise ; Banská Štiavnica était alors la troisième plus grosse ville de l’empire (derrière Budapest et Bratislava) et ses mines d’or et d’argent parmi les plus importantes d’Europe. La cité minière était essentiellement peuplée de Hongrois, puisque le roi de Hongrie avait décidé de créer une Académie des mines (la première en Europe). Après la 1re guerre mondiale, les hongrois ont quitté la région, l’université des mines a été déplacée dans l’actuelle Hongrie, et les mines ont été reprises par de riches familles allemandes pour la plupart. L’activité a cessé vers le XIXe siècle, et Banská Štiavnica a perdu progressivement son statut de grande ville régionale, au profit de la toute proche Banská Bystrica. En gros, l’exploitation des mines n’aura presque jamais profité directement aux Slovaques, bien que ce soit eux qui aient creusé les kilomètres de galeries à la main !

Banská Štiavnica, štôlňa Glanzenberg

L'entrée d'une des galeries minières

La ville contient de nombreux monuments historiques, la plupart transformés en musées retraçant l’histoire des mines de la région. Pendant la période communiste, la Slovaquie a plus ou moins négligé son patrimoine, et des villes comme Banská Štiavnica ont été abandonnées par les touristes. Mais avec l’indépendance du pays, les slovaques ont appris à se réapproprier leurs monuments. La ville de Štiavnica a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui entraine aujourd’hui de nombreux travaux afin de réhabiliter la vieille ville. Mais la plus grosse curiosité reste son calvaire.

Banskoštiavnická Kalvária

S’il y a bien un endroit de la ville qui a été abandonné, c’est celui-ci. L’imposant chemin de croix, qui compte 14 chapelles et 3 églises, a été construit par les artisans de la ville sous l’impulsion d’un prêtre jésuite en 1744 sur une colline à l’est de la ville. Mais depuis, il a subit les assauts du temps et des pillards, et est aujourd’hui dans un état déplorable mais est classé depuis 2008 sur la liste mondiale des monuments en danger. La reconstruction des églises est donc en cours, mais cela prend un temps énorme, d’autant que l’association de passionnés en charge de la restauration se heurte à des difficultés financières mais aussi administratives pour mener à bien sa mission. C’est vraiment dommage, puisque le site est vraiment sublime. Il n’est d’ailleurs que très peu mis en avant par les guides touristiques, et c’est un tort, à mon humble avis. Moi-même, je ne pense pas que j’aurais eu la curiosité d’y aller si Gaëlle ne m’en avais pas fait l’éloge. Mais le calvaire n’est pas le seul intérêt de la ville, il y a de nombreux musées et le centre de la vieille ville est tellement joli que j’ai finalement décidé de prolonger mon séjour de deux nuits.

Du coup, j’ai pu visiter le Kammerhof, un musée sur l’histoire minière de la région, principalement axé sur l’évolution de techniques de minages au fil des siècles. Très intéressant, mais la visite se fait au pas de course, et en Slovaque uniquement ! Les anglophones devront se contenter d’un pauvre classeur reprenant les explications de la guide. La traduction est approximative, et c’est d’autant plus dur de lire quand la guide parle slovaque juste à côté de vous… 😦

First steam engine in the Kingdom of Hungary,B...

Image via Wikipedia

J’ai aussi pu profiter de l’un des nombreux lacs de la région. Un lac artificiel qui servait au drainage des mines, et qui aujourd’hui fait le bonheur des slovaques été (pour la baignade) comme hiver (pour le patin à glace).

Veľká Vodárenská

Avant de repartir, j’ai quand même été faire un tour dans la ville voisine de Banská Bystrica, certes bien moins jolie, mais malgré tout intéressante. S’y trouve notamment le Múzeum SNP, un bâtiment massif en béton qui abrite une exposition photographique est des objets retraçant l’histoire de la Slovaquie pendant la seconde guerre mondiale, sa collaboration, sa lutte et sa résistance face au régime fasciste allemand. À l’extérieur sont exposés des tanks et des avions soviétiques, tchécoslovaques et allemands.

Múzeum SNP

Múzeum SNP

Pour ma dernière soirée à Banská Štiavnica, je devais normalement retrouver Gaëlle et ses amis, mais les opérateurs de télécommunications slovaques ayant décidé de ne pas transmettre nos messages, ça n’a finalement pas pu se faire. Dommage, car le lendemain, je repartais de bonne heure pour ma deuxième étape Slovaque : le parc national de Slovenský Raj (en français « Le Paradis Slovaque »). Un nom plein de promesses, et je peux vous assurer que ce nom n’a pas été choisi au hasard !

Publié par : Hyacinthe | 24 août 2011

De Český Krumlov à Vienne, ou la valse des trains

Comme toujours, dans une bonne histoire de trains, tout commence par un retard. Dans mon cas, c’est le train qui devait m’emmener à České Budějovice est arrivé 20 minutes après l’horaire prévu. Très vite je réalise que ma correspondance va voler, et que je risque de devoir attendre assez longtemps le train suivant.

Carte du trajet prévu, de Český Krumlov à Wien

Sur le papier, ça à l'air simple.

Mais dans ce train, je ne suis pas seul dans ce cas. Une chinoise et ses parents voyagent eux aussi vers la capitale autrichienne. Comme elle ne parle pas trop anglais et ses parents pas du tout, ça n’aide pas pour essayer de comprendre des contrôleurs tchèques pas baisants. Et comme, elle a l’air hyper stressée (ne sachant pas trop à quelle gare descendre, etc.), j’ai essayé de la renseigner comme j’ai pu. Du coup, puisqu’on devait prendre le même train, on est restés ensemble et, en discutant, elle m’a appris qu’elle parlait français ! Elle l’avait étudié à Paris pendant 4 ans.

Nádraží České Velenice

La gare de České Velenice

Revenons-en à notre périple. Arrivés à České Budějovice, nous voici donc obligé d’attendre le train suivant qui nous emmènera à České Velenice, frontière avec l’Autriche. Le problème, c’est qu’arrivant à České Velenice, une nouvelle surprise nous attend. Et cette surprise prendra la forme d’un bus de l’ÖBB, la compagnie des chemins de fer autrichiens, au lieu d’un train. Super, aucune info de la part de quiconque dans la gare, heureusement que des passager daignent nous guider. Au début, on a cru que ce bus remplaçait le train, et aller jusqu’à Vienne. Mais en fait, il va juste passer la frontière et rejoindre Gmünd Bahnhof, de l’autre côté, où unvrai train va finalement nous emmener à Wien.

Enfin, pas tout à fait…

Bon, là je vous assure, ça devient vraiment fun. L’ÖBB va nous faire le coup, non pas de la panne, mais de la gare en travaux. Sans prendre la peine de prévenir, le train va terminer son trajet en gare de Großweikersdorf. Ici, c’est un convoi de trois autocar qui prend le relais, pour acheminer les passagers jusqu’à Tulln an der Donau, à quelques kilomètres de Vienne. Alors, c’est très joli, on visite la campagne autrichienne et tout, mais pendant ce temps, je vois l’après-midi qui défile et je me dis que désormais, ma visite de Vienne est en train de tomber à l’eau ( je gardais encore espoir, jusqu’alors, de pouvoir flâner un peu dans la ville avant de devoir repartir vers la Slovaquie). Je dis volontairement « à l’eau », car histoire de bien noircir le tableau, il pleut.

Heureusement et finalement, à Tulln, plus de surprises, on peut enfin prendre un Regional Express qui va jusqu’à Wien-Franz-Josef-Bahnhof. Pfiou. Heure d’arrivée : 18h45 soit un peu plus de 3 heures après l’horaire prévu.

Une fois à Vienne, il s’agissait de trouver le bon métro. Moi, pour rejoindre Wien Südbahnhof Ostbahn, afin de prendre un train pour Bratislava. Et pour les chinois qui m’accompagnaient, d’arriver à leur hôtel. Une partie de plaisir après les problèmes de l’après-midi.

Ma visite de Vienne s’est donc limitée à un moment génial : 1h30 à attendre le prochain train pour Bratislava, sans même la possibilité d’aller me balader autour de la gare. Premièrement, le quartier n’avait pas l’air super joli. Deuxièmement, y’avait des travaux partout, ce qui n’aide pas à embellir la vue. Mais surtout, il y avait ça :

Wien Südbahnhof Ostbahn

Hé oui, la petite pluie de début d’après-midi à eu la charmante idée de se transformer en grosse nuée d’orage.

Autant vous dire qu’une fois à Bratislava, sur les coups de 22h, épuisé par ma journée de voyage galère, je suis directement allé dormir.

Carte du trajet de Wien à Bratislava

Le lendemain, j’ai d’abord envisagé de rester un peu pour visiter la capitale, mais comme tout le monde semble dire que ce n’est pas une ville indispensable, j’ai finalement décidé de suivre mes plans et de prendre le midi un train pour la Slovaquie centrale et la région de Banská Štiavnica. Et comme vous le verrez dans le prochain épisode, c’était une bonne décision…

Publié par : Hyacinthe | 23 août 2011

Český Krumlov, ville médiévale au cœur de la Bohème

Après Prague, je ne voulais pas quitter tout de suite la République Tchèque. J’ai donc décidé de faire une halte à Český Krumlov, même si le fait d’y aller en train me rallongeait. En effet, si le train est le plus souvent un moyen de transport plus rapide que le bus, il existe des exceptions, et Krumlov en est une. Depuis Prague, on y va par un bus direct, alors que le trajet en train nécessite un changement à České Budějovice. Retenez bien ce nom de ville (on y brasse de la bonne bière, ça devrait être facile), car j’y ai finalement passé un peu plus de temps que prévu lors de mon retour…

Carte du trajet de Prague à Český Krumlov

Depuis Prague, rien d’exceptionnel sur la première partie du trajet, mais le train qui vous emmène de České Budějovice à Český Krumlov vaut à lui seul le détour. Sur cette ligne à voie unique, entre České Budějovice et Volary, circulent encore de vieux coucous, fonctionnant au fioul évidemment, puisque la ligne n’est pas électrifiée. Du coup, certes on ne va pas vite, mais on prend le temps et notre pied dans ce train qui serpente à travers la forêt et les petits lacs, rythmé par les coups de klaxon à chaque fois qu’on croise un passage à niveau sans signalisation automatique… C’est bucolique, mais avant d’arriver à Krumlov, c’est une superbe mise en bouche.

Os 8129

À Krumlov, la gare est un peu excentrée. Pour rejoindre le centre-ville, on doit marcher une quinzaine de minutes vers la Vltava, qui l’entoure en faisant une boucle. Le chemin qui mène vers la ville permet d’avoir, avant même d’arriver, un super panorama sur les bâtiments médiévaux et le château.

Český Krumlov

La vue sur la ville depuis la gare de Český Krumlov

L’auberge dans laquelle je vais passer deux nuits est très jolie, on dort sous les toits dans un vieux bâtiment, et il y restaurant attenant bon et pas cher, très pratique. En plus l’auberge organise des sorties rafting, et ça aussi, c’est exceptionnel !

Mais avant de partir à l’eau, la journée commence par un beau soleil. J’ai choisi de me lever tôt ce dimanche, non pas pour aller à la messe, évidemment, mais pour aller visiter le château et ce, de bonne heure. Je me pointe un peu avant 9h, puisque les visites démarrent à cette heure-ci, mais une fois à la caisse, on m’informe que malheureusement, la seule visite guidée en anglais de la matinée a lieu à 11h, ce qui ne va pas être possible puisque je dois être à l’auberge sur les coups de midi pour partir ramer.

Český Krumlov

Je prends du coup tout mon temps pour me promener dans les 4 cours successives du château, chacune ayant été marqué par le style de l’époque à laquelle elle a été ajoutée à l’édifice. À l’arrière du château, après avoir traversé les jolis jardins, je tombe sur l’une des curiosités de ce château : un théâtre tournant. Mais attention, si l’on a plutôt l’habitude d’une scène tournante ; ici, c’est bien la tribune qui bouge. Centrée au milieu des différents décors, les gradins viennent se placer face à l’action, c’est vraiment ingénieux. J’aimerais bien voir un spectacle ici, un jour…

Théâtre tournant de Český Krumlov

Le théâtre tournant de Český Krumlov

Midi étant déjà presque là, je m’en retourne à l’auberge pour me préparer à ramer tout l’aprèm.

Le rafting « à la tchèque » :

La précision de nationalité a toute son importance, puisque en République Tchèque le rafting n’est pas seulement un sport d’eau, c’est même plutôt un sport de bière. Je vous explique :

La Vltava à Krumlov est plutôt calme, peu profonde, et il y a peu de rapides, tout juste quelques petites chutes d’eau à franchir tranquillement. Et pourtant, l’été, la rivière est prise d’assaut. Du coup, certains restaurateurs au nez fin ont eu la bonne idée d’implanter quelques bars au bord de l’eau quand ce n’est pas carrément en plein milieu sur un bateau, avec la louable intention de désaltérer les sportifs navigateurs du dimanche que nous sommes. Et là, on comprend mieux pourquoi l’auberge annote l’activité Rafting d’un « Pub crawl on the river ». Le trajet prévu prend normalement moins de 2h, on nous en conseille 6. Car entre le point de départ et l’arrivée à l’auberge, pas moins d’une douzaine de bars nous accueillent à bras ouverts et à des tarifs très attractifs quand on a l’habitude de Paris : 25 en moyenne, au moins on sait pourquoi on rame.

Český Krumlov

Bon évidemment, la rivière a beau ne pas être dangereuse, le risque d’accident est quand même amplifié par l’alcool, et il y a souvent des blessés (pas trop grave, heureusement). En ce qui concerne le groupe d’australiens qui m’accompagnait, aucun n’est à déplorer si l’on fait abstraction des genoux entaillés par un rocher et des ventres un peu râpés en frottant contre le bateau. Malgré ça, l’ambiance est excellente et comme la météo avait décidé d’y mettre du sien, on a eu beau temps jusqu’au soir. Bon par contre, une telle après-midi, ça fatigue, et croyez bien qu’une fois à l’auberge, je ne me suis pas fait prier pour sombrer sur mon lit jusqu’au lendemain matin…

Voici donc arrivé le lundi, et avec lui, l’heure du départ en direction de Bratislava, en s’arrêtant vite fait à Vienne en chemin. Bon, autant vous le dire tout de suite, ça ne s’est pas vraiment passé comme ça.

À suivre…

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