Publié par : Hyacinthe | 30 août 2011

Le calvaire de Banská Štiavnica

Banská Štiavnica

La gare de Banská Štiavnica

Après être tant bien que mal arrivé à Bratislava, je suis vite reparti, sans vraiment avoir l’occasion de visiter la capitale. En effet, j’avais prévu d’y passer la soirée, les chemins de fer en ont décidé autrement… Tant pis, il paraît que si la ville est assez sympa, elle n’est quand même pas hyper jolie et on peut se passer d’y faire une halte. Je suis donc reparti, comme prévu, mardi 16, en direction du centre de la Slovaquie, plus précisément dans la région de Banská Štiavnica.

Carte du trajet de Bratislava à Banská Štiavnica

Après avoir pris un train plutôt classique jusqu’à Hronská Dubrava, je devais changer pour rejoindre ma destination, empruntant alors la fameuse « anča », une superbe micheline qui dessert toutes les gares jusqu’à Banská Štiavnica, un trajet d’une trentaine de minutes environ. Après être arrivé, il me faudra marcher une cinquantaine de minutes pour l’auberge, car la gare est une nouvelle fois excentrée.

Parlons de l’auberge, justement : j’ai choisi d’aller à Skautsky Dom (la maison des scouts), une des auberges pas chères de la ville. En arrivant, ma surprise est d’être accueilli par… une française ! Gaëlle termine un programme de volontariat et vient de passer 11 mois en Slovaquie, du coup, elle connaît tous les bons coins de la ville, que ce soit pour manger, boire un verre, un thé. Ajoutez à ça qu’elle est tellement sympa qu’elle m’invite à la rejoindre, elle et des amis slovaques, dans un bar le soir même. Une soirée qui sera l’occasion d’apprendre quelques mots en Slovaque (et pas seulement pivo) mais surtout d’avoir pas mal d’explication sur l’histoire de la ville, de la région et de la Slovaquie en général. Une soirée très sympa et très enrichissante !

Banská Štiavnicá

Banská Štiavnica est donc une ancienne ville minière (Banská signifie « mine » en Slovaque, d’où le fait que de nombreuses villes de la région ont ce mot dans leur nom). L’activité minière a débuté au XVIIIe siècle, à l’époque où la Slovaquie était sous domination hongroise ; Banská Štiavnica était alors la troisième plus grosse ville de l’empire (derrière Budapest et Bratislava) et ses mines d’or et d’argent parmi les plus importantes d’Europe. La cité minière était essentiellement peuplée de Hongrois, puisque le roi de Hongrie avait décidé de créer une Académie des mines (la première en Europe). Après la 1re guerre mondiale, les hongrois ont quitté la région, l’université des mines a été déplacée dans l’actuelle Hongrie, et les mines ont été reprises par de riches familles allemandes pour la plupart. L’activité a cessé vers le XIXe siècle, et Banská Štiavnica a perdu progressivement son statut de grande ville régionale, au profit de la toute proche Banská Bystrica. En gros, l’exploitation des mines n’aura presque jamais profité directement aux Slovaques, bien que ce soit eux qui aient creusé les kilomètres de galeries à la main !

Banská Štiavnica, štôlňa Glanzenberg

L'entrée d'une des galeries minières

La ville contient de nombreux monuments historiques, la plupart transformés en musées retraçant l’histoire des mines de la région. Pendant la période communiste, la Slovaquie a plus ou moins négligé son patrimoine, et des villes comme Banská Štiavnica ont été abandonnées par les touristes. Mais avec l’indépendance du pays, les slovaques ont appris à se réapproprier leurs monuments. La ville de Štiavnica a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui entraine aujourd’hui de nombreux travaux afin de réhabiliter la vieille ville. Mais la plus grosse curiosité reste son calvaire.

Banskoštiavnická Kalvária

S’il y a bien un endroit de la ville qui a été abandonné, c’est celui-ci. L’imposant chemin de croix, qui compte 14 chapelles et 3 églises, a été construit par les artisans de la ville sous l’impulsion d’un prêtre jésuite en 1744 sur une colline à l’est de la ville. Mais depuis, il a subit les assauts du temps et des pillards, et est aujourd’hui dans un état déplorable mais est classé depuis 2008 sur la liste mondiale des monuments en danger. La reconstruction des églises est donc en cours, mais cela prend un temps énorme, d’autant que l’association de passionnés en charge de la restauration se heurte à des difficultés financières mais aussi administratives pour mener à bien sa mission. C’est vraiment dommage, puisque le site est vraiment sublime. Il n’est d’ailleurs que très peu mis en avant par les guides touristiques, et c’est un tort, à mon humble avis. Moi-même, je ne pense pas que j’aurais eu la curiosité d’y aller si Gaëlle ne m’en avais pas fait l’éloge. Mais le calvaire n’est pas le seul intérêt de la ville, il y a de nombreux musées et le centre de la vieille ville est tellement joli que j’ai finalement décidé de prolonger mon séjour de deux nuits.

Du coup, j’ai pu visiter le Kammerhof, un musée sur l’histoire minière de la région, principalement axé sur l’évolution de techniques de minages au fil des siècles. Très intéressant, mais la visite se fait au pas de course, et en Slovaque uniquement ! Les anglophones devront se contenter d’un pauvre classeur reprenant les explications de la guide. La traduction est approximative, et c’est d’autant plus dur de lire quand la guide parle slovaque juste à côté de vous… 😦

First steam engine in the Kingdom of Hungary,B...

Image via Wikipedia

J’ai aussi pu profiter de l’un des nombreux lacs de la région. Un lac artificiel qui servait au drainage des mines, et qui aujourd’hui fait le bonheur des slovaques été (pour la baignade) comme hiver (pour le patin à glace).

Veľká Vodárenská

Avant de repartir, j’ai quand même été faire un tour dans la ville voisine de Banská Bystrica, certes bien moins jolie, mais malgré tout intéressante. S’y trouve notamment le Múzeum SNP, un bâtiment massif en béton qui abrite une exposition photographique est des objets retraçant l’histoire de la Slovaquie pendant la seconde guerre mondiale, sa collaboration, sa lutte et sa résistance face au régime fasciste allemand. À l’extérieur sont exposés des tanks et des avions soviétiques, tchécoslovaques et allemands.

Múzeum SNP

Múzeum SNP

Pour ma dernière soirée à Banská Štiavnica, je devais normalement retrouver Gaëlle et ses amis, mais les opérateurs de télécommunications slovaques ayant décidé de ne pas transmettre nos messages, ça n’a finalement pas pu se faire. Dommage, car le lendemain, je repartais de bonne heure pour ma deuxième étape Slovaque : le parc national de Slovenský Raj (en français « Le Paradis Slovaque »). Un nom plein de promesses, et je peux vous assurer que ce nom n’a pas été choisi au hasard !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :